Une revue académique chinoise de premier plan publie des articles dont l'IA est le premier auteur. L'atelier terminal de la pensée s'automatise, et toute la pyramide scolaire perd l'étage qui la justifiait. Premier volet d'une série en quatre épisodes.
Il s'agit uniquement d'un logiciel de rencontre entre une offre et une demande de formation supérieure, dont la finalité réside dans la minimisation quantitative des bacheliers sans classe à la rentrée suivante, indicateur politique essentiel pour la paix sociale estivale car le rejeton chéri de maman - même analphabète - a "droit à un avenir".
Ce n'est en aucune façon un algorithme de sélection - marronnier des "journaleux" sans cervelle ni éthique.
Je connais parfaitement ces outils depuis leur existence, côté établissement d'accueil.
A titre d'exemple, pour la rentrée 2026 : 882 vœux exprimés, 836 vœux confirmés, 462 vœux acceptés et 35 oui définitifs.
Ainsi, pour une capacité de 35 places, j'ai (tout seul) examiné en détail et en profondeur 836 dossiers, auxquels j'ai répondu favorablement dans 462 cas - avec classement.
Je n'utilise aucun algorithme (les paresseux le font sans doute, mais cela n'est pas efficace, uniquement efficient).
Seuls mon cerveau et mon expérience interviennent : je vous laisse évaluer le temps total que cela me prend...
Ensuite, l'IA en haut de la pyramide scolaire ou des études supérieures.
Je vais me faire des ennemis parmi vos fidèles lecteurs... Tant pis, je me lance : les "sciences" de l'éducation n'ont de scientifique que le nom, car il s'agit d'une scolastique post-moderne à finalité de placement des inutiles ou des ratés du métier d'enseignant.
A l'instar des "Hautes Autorités", qui n'ont d'autorité que le nom...
Je veux bien vous lire sur le rôle prégnant de l'IA mais, de grâce, pas sur ce thème-là : je vais donc attendre des créations ex nihilo en Mathématiques, par exemple, pour être convaincu.
Enfin, en passant, il me semble que dans son "Über Pädagogik", Emmanuel Kant a écrit que " l'on n'apprend que de ceux que l'on aime " (j'ai un doute sur la référence).
Si vous me le permettez, j'ajoute que "l'on enseigne qu'à ceux que l'on aime" : j'ai toujours considéré mes étudiants comme s'ils étaient mes propres enfants et, croyez-moi, ils le ressentent très vite.
Ainsi, je reste pour l'instant persuadé qu'enseigner œuvre sur une matière vivante, la relation humaine entre plusieurs corps-esprits.
L'IA n'est pas vivante, elle ne ressent rien, elle ne comprend rien à ce qu'elle restitue bref, je l'appelle Inintelligence Artificielle.
Certes, l'IA a un grand avenir... économique et financier.
Sur Parcoursup, nous partageons votre distinction : le texte parle d'« appariement algorithmique sur dossier ». La subordonnée qui suit (« qui sélectionne, sans épreuve nouvelle ») voulait dire que l'algorithme opère la sélection produite en amont par les commissions comme la vôtre. A la relecture, elle peut se lire comme si l'algorithme sélectionnait par lui-même. Point à préciser dans une version révisée. Votre témoignage de 836 dossiers pour 35 places, et à la main, vaut mieux que toute théorie sur ce que l'algorithme ne fait pas.
Sur les sciences de l'éducation, nous n'avons pas de position à défendre dans ce débat, mais juste un élément à verser au dossier : le passage de Chu Hongqi que nous citerons dans l'épisode 4 attaque la discipline chinoise dans des termes plus polis mais très voisins des vôtres : concepts qui prolifèrent sans propositions vérifiables, seuil de rigueur trop bas. Chu Hongqi enseigne à l'Université normale de Pékin, l'établissement de référence du champ académique en Chine. La préoccupation traverse les cultures.
Sur Kant, vous aviez raison de douter. Après recherches, la maxime est de Goethe, dans les Conversations avec Eckermann (12 mai 1825). Kant, dans Über Pädagogik, dit une chose voisine mais pas cette formule-là.
Enfin, la position que vous défendez, à savoir que l'enseignement œuvre sur du vivant, sur ce qu'on aime, rejoint celle qu'un dialogue publié à Shanghai, entre un pédagogue chinois et un lauréat du prix Turing, oppose à la machine. C'est un des fils de l'épisode 4. Vous ne devriez pas y trouver un adversaire.
Ajouté dans le texte de l'article après la mention de Parcoursup :
[NDA, après échange avec Denis M. : le verbe sélectionne est à entendre au sens où l'algorithme opère la sélection produite en amont par les commissions des formations ; l'algorithme lui-même est un appariement stable et ne classe pas les candidats.]
Cher François,
Tout d'abord Parcoursup - et APB, son précurseur.
Il s'agit uniquement d'un logiciel de rencontre entre une offre et une demande de formation supérieure, dont la finalité réside dans la minimisation quantitative des bacheliers sans classe à la rentrée suivante, indicateur politique essentiel pour la paix sociale estivale car le rejeton chéri de maman - même analphabète - a "droit à un avenir".
Ce n'est en aucune façon un algorithme de sélection - marronnier des "journaleux" sans cervelle ni éthique.
Je connais parfaitement ces outils depuis leur existence, côté établissement d'accueil.
A titre d'exemple, pour la rentrée 2026 : 882 vœux exprimés, 836 vœux confirmés, 462 vœux acceptés et 35 oui définitifs.
Ainsi, pour une capacité de 35 places, j'ai (tout seul) examiné en détail et en profondeur 836 dossiers, auxquels j'ai répondu favorablement dans 462 cas - avec classement.
Je n'utilise aucun algorithme (les paresseux le font sans doute, mais cela n'est pas efficace, uniquement efficient).
Seuls mon cerveau et mon expérience interviennent : je vous laisse évaluer le temps total que cela me prend...
Ensuite, l'IA en haut de la pyramide scolaire ou des études supérieures.
Je vais me faire des ennemis parmi vos fidèles lecteurs... Tant pis, je me lance : les "sciences" de l'éducation n'ont de scientifique que le nom, car il s'agit d'une scolastique post-moderne à finalité de placement des inutiles ou des ratés du métier d'enseignant.
A l'instar des "Hautes Autorités", qui n'ont d'autorité que le nom...
Je veux bien vous lire sur le rôle prégnant de l'IA mais, de grâce, pas sur ce thème-là : je vais donc attendre des créations ex nihilo en Mathématiques, par exemple, pour être convaincu.
Enfin, en passant, il me semble que dans son "Über Pädagogik", Emmanuel Kant a écrit que " l'on n'apprend que de ceux que l'on aime " (j'ai un doute sur la référence).
Si vous me le permettez, j'ajoute que "l'on enseigne qu'à ceux que l'on aime" : j'ai toujours considéré mes étudiants comme s'ils étaient mes propres enfants et, croyez-moi, ils le ressentent très vite.
Ainsi, je reste pour l'instant persuadé qu'enseigner œuvre sur une matière vivante, la relation humaine entre plusieurs corps-esprits.
L'IA n'est pas vivante, elle ne ressent rien, elle ne comprend rien à ce qu'elle restitue bref, je l'appelle Inintelligence Artificielle.
Certes, l'IA a un grand avenir... économique et financier.
Bonne soirée.
Denis
Cher Denis,
Merci pour ce commentaire décapant en profondeur.
Sur Parcoursup, nous partageons votre distinction : le texte parle d'« appariement algorithmique sur dossier ». La subordonnée qui suit (« qui sélectionne, sans épreuve nouvelle ») voulait dire que l'algorithme opère la sélection produite en amont par les commissions comme la vôtre. A la relecture, elle peut se lire comme si l'algorithme sélectionnait par lui-même. Point à préciser dans une version révisée. Votre témoignage de 836 dossiers pour 35 places, et à la main, vaut mieux que toute théorie sur ce que l'algorithme ne fait pas.
Sur les sciences de l'éducation, nous n'avons pas de position à défendre dans ce débat, mais juste un élément à verser au dossier : le passage de Chu Hongqi que nous citerons dans l'épisode 4 attaque la discipline chinoise dans des termes plus polis mais très voisins des vôtres : concepts qui prolifèrent sans propositions vérifiables, seuil de rigueur trop bas. Chu Hongqi enseigne à l'Université normale de Pékin, l'établissement de référence du champ académique en Chine. La préoccupation traverse les cultures.
Sur Kant, vous aviez raison de douter. Après recherches, la maxime est de Goethe, dans les Conversations avec Eckermann (12 mai 1825). Kant, dans Über Pädagogik, dit une chose voisine mais pas cette formule-là.
Enfin, la position que vous défendez, à savoir que l'enseignement œuvre sur du vivant, sur ce qu'on aime, rejoint celle qu'un dialogue publié à Shanghai, entre un pédagogue chinois et un lauréat du prix Turing, oppose à la machine. C'est un des fils de l'épisode 4. Vous ne devriez pas y trouver un adversaire.
Bonne fin de soirée.
François
Ajouté dans le texte de l'article après la mention de Parcoursup :
[NDA, après échange avec Denis M. : le verbe sélectionne est à entendre au sens où l'algorithme opère la sélection produite en amont par les commissions des formations ; l'algorithme lui-même est un appariement stable et ne classe pas les candidats.]